Expérimenter la méthode « Stop and Go »

Danielle Mathy et Sandrine Jonniaux

Juin 2020

Choisi pour une simulation dans le domaine de l’oncologie, le format de débriefing « Stop and Go » adapté de la méthode ALOBA (Agenda-Led, Outcome base, Analysis), est utilisé pour l’enseignement de la communication professionnelle en santé (Suzanne Kurtz, 2017).

Deux éléments essentiels appuient la technique de débriefing retenue : il s’agit d’une part de la particularité des groupes. Ceux-ci, représentatifs de différentes fonctions soignantes, sont au bénéfice d’expériences diversifiées. Leurs activités sont exercées également sur des unités spécifiques d’oncologie.

D’autre part, le déroulement de la séquence de simulation s’effectuant sur un même espace logistique, les participants acteurs, les observateurs et le patient simulé(PS) partagent en direct le jeu de simulation, son observation et son débriefing.

L’animation de la séquence de simulation dans la forme « Stop and Go » a aidé chaque membre du groupe à se centrer sur l’objectif commun à atteindre. En effet, les ressentis, les préjugés, les certitudes et les représentations liés aux compétences individuelles s’estompent lorsque l’intérêt à répondre à l’objectif de la simulation est perçu. La deuxième intention pédagogique était de créer un espace commun d’expérimentation et de développement de compétences où le travail du groupe prédominerait sur les prestations des individus.

Après un briefing clarifiant, entre autres, les objectifs d’apprentissage de la séquence de simulation, un participant a débuté le jeu sur la base d’un volontariat. Puis, se sont succédées des phases d’interruption et de reprise du jeu, selon la décision de l’animateur ou sur la demande du participant acteur.

L’arrêt ponctuel de l’interaction entre le PS et le professionnel était prononcé pour souligner un aspect positif ou pertinent durant l’échange. Il s’agissait également de laisser place à une analyse rétroactive immédiate de la séquence jouée, pour privilégier, en priorité, la réflexion et le positionnement du participant acteur. Le groupe observateur a, quant à lui, était invité à partager son analyse de manière concomitante. Les participants ont pu reprendre tour à tour le jeu avec l’objectif de mettre en œuvre les pistes d’amélioration évoquées. La grille d’observation avec ses indicateurs était une ressource pour les participants souhaitant tester diverses stratégies de communication dans un espace sécuritaire.
L’alternance de mise en situation de différents professionnels participants et d’épisodes de débriefing a impulsé à la séquence de simulation un rythme variable propice au maintien de l’attention et de l’implication d’une majorité d’entre eux. Ceux-ci ont eu l’occasion de s’exprimer sur leurs émotions, leurs intentions, leur état d’esprit, leurs forces et leurs zones d’inconfort dans une séquence limitée de l’exercice. En Co-animation, l’expert du domaine et l’animateur de la simulation s’appuyaient sur les propos de l’acteur ponctuel pour générer une circulation des prises de position au sein du groupe. Ainsi, la dynamique créée a diminué la tension liée à une prestation individuelle devant un collectif de pairs.

Le

, un centre conjoint

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